Le président d’Air France avait tenté un pari, qu’il pensait gagnant. Il l’a perdu. 
Le suffrage été sans appel. 80,33 % des 46 771 salariés se sont exprimés. 55,44 % d’entre eux ont rejeté le projet proposé par Jean-Marie Janaillac. Ce vote décapite la compagnie et la laisse sans stratégie à un moment clef de son histoire. La situation actuelle est profondément préjudiciable à la société, à ses personnels, à ses passagers et à notre nation elle-même, tant Air France porte les couleurs de notre pays sur les différents continents. C’est pour cela que le gouvernement doit agir sans tarder pour bâtir une stratégie de sortie de crise. Le temps n’est plus aux déclarations, mais à l’action. 
Le vote des salariés d’Air France confirme aussi l’impasse du référendum d’entreprise, poussé par la loi Valls-Macron-El Khomri d’abord et par les ordonnances Macron pour les TPE depuis le début d’année ensuite. 
Une entreprise n’est pas une démocratie. L’intérêt immédiat des salariés peut venir en conflit avec celui des actionnaires, ainsi que l’avenir de la société, sa survie même comme dans le cas d’Air France. C’est le rôle du chef d’entreprise d’arbitrer entre ces différents intérêts et d’assumer la responsabilité de cette décision. 
Il lui revient aussi de s’appuyer sur les partenaires sociaux pour rendre l’arbitrage possible et le faire accepter par les salariés. C’est tout l’intérêt de dialogue social, qui reste la meilleure méthode pour trouver un compromis gagnant. 
Dans cette perspective, l’échec du référendum Janaillac constitue un avertissement pour l’exécutif. Vouloir se passer des partenaires sociaux conduirait notre économie dans une impasse.  
Il y a certes urgence à moderniser en profondeur le dialogue social et à doter la France de partenaires sociaux dignes de ce nom. Les discréditer, les contourner et les ignorer serait une erreur profonde, qui nous ferait revenir deux siècles en arrière. Elle serait très dommageable pour l’avenir de nos entreprises, celui de leurs salariés et la compétitivité de l’ensemble de notre appareil économique. 
C’est parce que nous saurons rassembler dirigeants, salariés et représentants salariaux autour d’un projet commun, en s’appuyant sur les bonnes volontés partout où elles se trouvent et sans ignorer les subtilités du rapport de forces, que nous permettrons

  Source: la-france-en-marche.fr  

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