TRIBUNE – Dans l’édition du 21 février 2017 du Figaro, le Club Vauban, groupe de nombreux diplomates français à Paris et à l’étranger, dénonce la perte d’influence internationale de la France et appelle à voter pour François Fillon.

Diplomates français, nous sommes fiers de servir la France, aux quatre coins du monde, souvent dans des conditions périlleuses. Aujourd’hui, nous aspirons à un sursaut afin que notre métier retrouve tout son sens. Que le travail du diplomate, à l’étranger ou à Paris, ne soit pas de tricher avec les faits pour complaire au pouvoir, mais qu’il redevienne ce qu’il doit être: un engagement à rapporter sans parti pris ce dont on est témoin, à en suggérer une interprétation et à proposer, avec toute la réactivité nécessaire, des actions réalistes au service de la France.

Or, en matière de politique étrangère, le quinquennat qui s’achève aura été celui de la confusion et du renoncement. L’idéologie a pris le pas non seulement sur nos intérêts nationaux, mais aussi sur l’analyse et l’étude des faits, comme l’illustre la tragédie syrienne.

Aveuglés par les œillères du «politiquement correct», les brillants stratèges qui font peser une chape de plomb sur notre ministère annoncent régulièrement la chute «imminente» de Bachar al-Assad et s’illusionnent sur une opposition démocratique, certes courageuse mais
non représentative. On préfère jouer sur les mots en parlant de «Daech» plutôt que d’«État islamique» pour éviter soi-disant d’incommoder nos compatriotes musulmans. On écarte pudiquement les informations faisant état de centaines de millions de dollars déversés par des «financeurs privés»de pays du Golfe en faveur des islamistes armés en Syrie et en Irak. Nos experts maison se complaisent dans de vains méandres théoriques pour tenter de prouver que «le radicalisme précède l’islamisme» et que celui-ci, fût-il salafiste ou wahhabite, n’a rien à voir avec le terrorisme qui ravage le Moyen-Orient et tue au cœur même de notre pays. Résultat: après cinq ans de déni de la réalité, la France n’est même plus invitée aux négociations sur l’avenir de la Syrie. Brillante réussite de notre diplomatie!

Nous voulons nous concentrer sur le cœur de notre métier: éclairer nos autorités sur la réalité telle qu’elle est, et mener les négociations internationales nécessaires pour garantir les intérêts et la sécurité de la France. Au lieu de cela, nous passons notre temps à effectuer les démarches les plus futiles auprès de nos partenaires étrangers, renforçant une image bien ancrée de donneurs de leçons et d’arrogance. Nous sommes incités à doublonner, dans une course puérile à l’élargissement de nos compétences, le travail des autres administrations. On nous enjoint d’organiser partout dans le monde, à une date unique, des dîners de gala réservés à quelques privilégiés et supposés promouvoir la gastronomie française. N’avons-nous pas mieux à faire que d’alimenter, comme à dessein, les préjugés les plus éculés sur notre profession?

Les ressources de notre ministère ne sont pas déployées là où elles devraient l’être: le Quai d’Orsay entretient à grands frais vingt-deux ambassadeurs dits «thématiques» sur des sujets parfois ésotériques  ; après un correspondant «sport», on impose aux ambassades d’avoir désormais un correspondant «genre»… mais seuls deux agents sont en charge du Brexit!

Cette transformation du ministère des Affaires étrangères en un gigantesque moulin à paroles n’est pas seule responsable de la dégradation de notre influence. Les mauvaises performances économiques, les conflits sociaux, le chômage de masse, les émeutes, les attentats ont ancré la perception d’une France en déclin, incapable de réformer son modèle économique et social et d’assurer la sécurité de ses ressortissants comme de ses visiteurs. Plus les résultats intérieurs sont mauvais, plus nous sommes priés de jouer aux illusionnistes afin de donner le change. Triste dévoiement de notre métier.

Mais les faits sont têtus. Notre influence est partout en recul. À Bruxelles, jamais elle n’a été aussi faible: sur la douzaine de postes politiques européens de haut niveau, nous n’en occupons plus aucun là où les Italiens en ont quatre, dont la présidence du Parlement et celle de la Banque centrale. La France est désormais considérée comme «l’homme malade de l’Europe».

Nous appelons à un sursaut qui passe par l’élection dans quelques semaines d’un président qui accomplira enfin les courageuses réformes indispensables. Nous disposons pour cela d’atouts exceptionnels. Notre histoire, notre langue et notre culture restent des références fondamentales et un objet d’attraction pour des millions de personnes dans le monde.

Les enjeux sont immenses, pour les Français d’abord mais aussi pour les Européens qui ne s’y trompent pas et suivent avec inquiétude la campagne présidentielle. Notre pays sera-t-il le premier à élire un président de la République d’extrême droite, qui portera un coup fatal à soixante ans de projet européen? Notre pays souhaitera-t-il poursuivre l’expérience désastreuse du socialisme en désignant un héritier de François Hollande, fût-il honteux ou frondeur? Saurons-nous défendre nos intérêts et redonner à notre pays sa prospérité et son influence?

Ce sont ces questions qui, de notre point de vue, devraient être au centre des débats, et non les prétendues «affaires» opportunément révélées sur les candidats. Ne reproduisons pas les travers de la campagne américaine de 2016. Prenons la hauteur nécessaire et refusons la démagogie. Face aux multiples défis présents, nous avons besoin d’un homme d’État, solide et expérimenté, intransigeant face au totalitarisme islamique, capable de réformer le pays, de s’imposer sur la scène internationale et de défendre les intérêts de la France redevenue puissance d’équilibre et d’entraînement. Et cet homme, c’est François Fillon.

 

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  Source: Fillon2017.fr  

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