Si vous n’avez rien de mieux à faire jeudi, restez sous la couette : ce sera un jeudi noir. Une vraie journée de m…, comme on dit. Transports et services publics, SNCF, RATP, Air France, Éducation nationale, hôpitaux… Bref, tout ce que le pays compte de fonctionnaires devrait être dans la rue pour protester contre les réformes annoncées – quand bien même c’est à l’horizon de cinq ans.

Pour ne rien vous cacher, cet inventaire à la Prévert me laisse perplexe. Je me demande, en effet, où peuvent bien se rejoindre – un exemple – les personnels des EHPAD qui gagnent misère à s’occuper de pauvres vieux et les pilotes d’Air France (en grève vendredi), véritables nababs de la profession ! À qui est-on censé apporter notre soutien, sinon notre compassion ? Quelles causes perdues devons-nous épouser ? Le principal syndicat de l’enseignement primaire annonce un taux de grévistes de 25 %. Pour les crèches et les maternelles, il faudra aussi repasser. Dans les collèges et lycées, ce sont moins les profs que les élèves qui devraient faire défaut : l’UNEF ne veut pas de la réforme du bac ni de celle des universités. Les syndicats lycéens et étudiants n’ont qu’un gros mot à la bouche : sélection. Vade retro satanas ! Ils préfèrent sans doute le bac pour tous et le tirage au sort à la sortie. On comprend mieux les personnels des EHPAD qui réclament « davantage de moyens humains ». Sauf que c’est comme les matons : il n’y a pas plus de candidats pour aller torcher les vieux que pour servir la soupe dans les quartiers de haute sécurité de nos prisons surpeuplées. Et ce n’est pas l’UNEF qui va envoyer ses bacheliers au rabais vers ces professions mirobolantes ! Globalement, les syndicats de la fonction publique réclament « le dégel de la valeur du point d’indice [qui sert au calcul de la rémunération], l’abrogation du jour de carence et davantage qu’une compensation de la hausse de la CSG ». Autrement dit, statu quo. Surtout, réformons sans toucher à rien. Même chanson chez les cheminots, qui ne tiennent pas du tout à voir bouger leur statut vieux

  Source: parti-de-la-france.fr  

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