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Il y a quelque chose de pourri au royaume de Jupiter-Narcisse. L’affaire Benalla n’est pas un détail, un incident isolé. C’est au contraire le signe qui révèle sans doute, plus que le style, la nature profonde du pouvoir actuel. Arrivé pour nettoyer les écuries d’Augias de la politique française, M. Macron, l’ancien énarque, conseiller de Hollande, puis son ministre qui connaissait le sérail de l’Elysée où il avait vécu dans l’ombre du prince, montre qu’il y patauge avec un bonheur sans partage. Prince à son tour, il s’évertue par un silencieux mépris à l’égard des critiques à prouver que son pouvoir est inaccessible aux questions qui pourraient l’abaisser. La cour des opportunistes et des arrivistes qui ont accompagné son étonnante accession au trône s’emploie à réduire le scandale à la faute personnelle d’un individu, déjà sanctionnée « comme jamais », grossie par une opposition illégitime et irresponsable, qui cherche à entraver la marche de la République. Mais ni les plaidoyers des uns, ni les leçons des autres n’éteignent l’incendie. D’abord parce que les pompiers, le « journaliste » devenu cireur de pompes, Bruno Roger-Petit, ou le président du groupe LREM, Richard Ferrand, ancien socialiste, ancien directeur des Mutuelles de Bretagne, et ministre éphémère, manquent de la moindre crédibilité. Ensuite et surtout, parce que les faits sont têtus. Les vidéos qui montrent  Benalla  s’acharnant sur deux personnes lors d’une manifestation Place de la Contrescarpe ne laissent aucun doute sur la violence du personnage ni sur son usurpation de la fonction policière. S’il s’était agi d’un excès de zèle d’un garde du corps désirant combattre les ennemis de son patron en dehors des heures de service, on aurait pu mettre ça au compte du dévouement quasi-passionnel d’un fidèle un peu bas de plafond, mais on apprend que celui-ci disposait d’un bureau à l’Elysée, accompagnait le Président dont il était très proche dans tous ses déplacements, disposait d’une limousine haut de gamme dotée des signes extérieurs des véhicule de police (aux antipodes des véhicules hors d’âge qu’utilisent le plus souvent les policiers), et allait même devenir Préfet après avoir été « nommé »

  Source: lagauchematuer.fr  

Voir sur la gauche m'a tuer