Bernard Ravet a été principal dans trois des collèges les plus difficiles de Marseille. Il raconte la guerre de positions que mène l’islamisme au sein de ces établissements publics. Voici le “J’accuse” d’un hussard.

“Il y a urgence. C’est pourquoi j’écris ce livre. Pour dire un fragile espoir. Pour ne pas laisser les prophètes de l’Apocalypse nous convaincre, collectivement, que tout est fichu, que l’obscurantisme l’a emporté.” Il arrive que les premières lignes d’un livre sonnent comme une conjuration des 300 pages qui suivent…   C’est le cas avec l’ouvrage de Bernard Ravet, qui fut, quinze ans durant, principal de trois des collèges les plus difficiles de Marseille -les collèges Edouard-Manet, Versailles et Jean-Claude-Izzo. Le témoignage qu’il en a tiré est à la fois précieux, triste et courageux. Par l’accumulation d’histoires vécues et de choses vues, l’ancien principal décrit le lent grignotage de certains établissements publics par le religieux. Surveillants prosélytes, élèves prêchi-prêcheurs, parents sexistes… les coups de boutoirs sont nombreux et, peu à peu, l’institution craquelle.     “Depuis plus de dix ans, écrit Bernard Ravet, le fanatisme frappe à la porte de dizaines d’établissements. Il cherche à empiéter sur le territoire physique de la République, centimètre par centimètre, en imposant ses signes et ses normes dans l’espace scolaire, dans les cours de récréations, les cantines, les piscines. Il cherche aussi à envahir les salles de classe.” Sur de multiples sujets -l’égalité entre les hommes et les femmes, le darwinisme, la Shoah… -, les professeurs sont de plus en plus contestés dans leur enseignement. Et de plus en plus démunis.  Le récit comporte bien, il est vrai, quelques moments d’espoir. On croise des élèves motivés qui s’en sortent, on applaudit les bonnes intuitions d’enseignants entêtés dans la bienveillance, et le tout regonfle, par à-coups, le moral de notre hussard de la République. Car Bernard Ravet en est un, précisons-le: obsédé par l’idée de donner une chance à tous ses élèves, quelle que soit leur origine ou leur religion. Mais l’optimisme ne fait pas le poids.     Et l’on referme le livre avec un sentiment d’urgence. De colère aussi, d’apprendre la solitude dans

  Source: parti-de-la-france.fr  

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