La polémique enfle en Tunisie, après des déclarations du chef islamiste Rached Ghannouchi demandant aux salafistes de faire preuve de “patience” et de “sagesse”, le temps que les islamistes puissent asseoir leur pouvoir face aux laïcs.

Souvent accusé d’entretenir un double discours, Rached Ghannouchi se retrouve au cœur de la polémique qui fait rage actuellement en Tunisie, après la mise en ligne, le 9 octobre, d’une vidéo du chef du parti islamiste tunisien Ennahda, filmé à son insu. Sur les images, ce dernier demande à des visiteurs salafistes de faire preuve de “patience” et de “sagesse” le temps que les islamistes puissent imposer leur pouvoir aux laïcs. Tout au long de son propos, Rached Ghannouchi oppose le camp des laïcs et celui des islamistes, en insistant sur la bipolarisation de la société tunisienne. “Les laïcs, bien que minoritaires, contrôlent les médias et l’économie, dit-il dans la vidéo mise en ligne en début de semaine et tournée, selon les médias tunisiens, en février dernier. L’Administration, bien que sous le contrôle d’Ennahda, est elle aussi entre leurs mains”. Mettant en garde contre la résurgence du Rassemblement constitutionnel démocratique – le RCD, parti de l’ex-président Ben Ali, dissous en mars 2011- il poursuit en affirmant par deux fois que l’armée et la police “ne sont pas encore sûres”. Et d’ajouter : “Je dis à nos jeunes salafistes de patienter (…) pourquoi se précipiter ? Prenez votre temps pour consolider les acquis”, obtenus par les islamistes depuis la révolution. “Aujourd’hui, nous n’avons plus une mosquée, nous avons un ministère des Affaires religieuses, nous n’avons plus une boutique, nous avons un État”, a-t-il encore insisté. Pour expliciter sa stratégie “des petits pas”, Rached Ghannouchi cite en exemple le cas des islamistes algériens. “Croyez-vous qu’il n’y aura pas de retour possible en arrière ? C’est ce que nous avions cru vivre en Algérie dans les années 90, mais notre jugement était erroné : les mosquées sont retombées dans les mains de laïcs et les islamistes ont été de nouveau persécutés”, a-t-il argumenté. Levée de boucliers de l’opposition et des médias   La polémique

  Source: parti-de-la-france.fr  

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