“Parce qu’on est invisible et en marge de la société, nos agresseurs pensent que notre corps est à leur disposition.” Bras repliés sur le buste et ongles rongés, Martine*, une ancienne SDF, raconte l’enfer des femmes sans-abri. “J’ai été agressée sexuellement une dizaine de fois dans la rue”, continue cette quinquagénaire. Le pire, selon elle, “c’est que ça devient normal, ça fait partie du quotidien”. Il lui a fallu dix ans pour mettre des mots sur ce qui lui est arrivé. “Pour éviter de craquer, mon cerveau a décidé de faire comme si c’était normal.”

“Environ une femme SDF sur trois a été agressée”, explique Agnès Lecordier présidente d’une fondation à son nom. L’association Entourage avance qu’une agression sexuelle sur une femme SDF a lieu toutes les huit heures en France. “En réalité aucune étude n’a été faite sur le sujet, il est impossible d’avoir des chiffres”, reprend Agnès Lecordier. Mais tous les interlocuteurs contactés sont formels : les femmes en errance sont très fortement exposées aux agressions sexuelles et aux viols. “On apprend à voir chaque homme comme un agresseur potentiel” “Ici, toutes les femmes ont été confrontées à ce type de violences”, affirme Quentin Le Maguer, le responsable d’un centre d’hébergement d’urgence au Samu social de Paris. Ces femmes sont plus vulnérables car en marge de la société. Leur non-existence légale en fait des proies pour les agresseurs. Quentin Le Maguer à franceinfo “Les agressions dans la rue, cela va du père de famille qui essaie de vous violer pendant que vous dormez au réseau mafieux qui monnaye un coin de trottoir”, soupire Martine. Elle se souvient d’une adolescente ukrainienne, âgée de 15 ans à peine, qui devait chaque soir se soumettre à un homme pour pouvoir faire la manche le lendemain sans être violentée. “On apprend à voir chaque homme comme un agresseur potentiel.”  La première fois qu’elle-même a été agressée, Martine avait 22 ans. En rupture familiale, elle passait ses premières nuits dehors, réfugiée sous un Abribus : “L’employé d’un hôtel proche est sorti et m’a proposé de passer la nuit dans une chambre inoccupée, j’ai compris trop tard de quoi il s’agissait.” Meurtrie, elle refuse d’en

  Source: parti-de-la-france.fr  

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