Ce sont les vigies des collèges et des lycées. Pourtant le rôle des surveillants (ou assistants d’éducation) n’est pas valorisé dans la société. Dans l’ouvrage Survaillante qui sort ce jeudi, Nora Bussigny, étudiante en lettres, raconte son expérience pendant un an dans un collège classé REP de banlieue parisienne. Un témoignage précieux sur les violences scolaires et la difficulté pour les établissements d’y répondre efficacement.

Les élèves semblent souvent dans un rapport de force avec les assistants d’éducation, comment l’expliquez-vous ? Pour les élèves, le surveillant est à la fois une incarnation de l’autorité et un confident que l’on tutoie. Ils se sentent souvent trahis lorsque l’on endosse notre rôle d’encadrant qui veille au respect des règles après avoir discuté avec eux dans la cour. Ce qui peut susciter une forme de rejet chez eux. Et si les élèves d’établissements difficiles sont parfois insultants et agressifs avec nous, c’est aussi parce qu’ils ont l’impression que c’est la seule manière de se faire respecter. Vous avez été le témoin de nombreuses bagarres entre élèves et vous racontez vous être sentie impuissante. Les établissements « chauds » ont-ils les moyens humains de réduire ces conflits ? Non, pas vraiment car les assistants d’éducation sont toujours en sous-effectifs. Un jour, dix bagarres ont éclaté en même temps dans la cour. J’étais dépassée, c’était l’anarchie totale. J’ai même pris un coup perdu dans la tempe en voulant séparer des élèves. Au final, c’est grâce à l’intervention de plusieurs enseignants que la situation s’est calmée. Vous racontez avoir été choquée des insultes continues que s’échangent les élèves. Comment expliquez-vous cette banalisation de la violence verbale ? Sur les réseaux sociaux, les insultes sont monnaie courrante. Les élèves perdent la notion des mots et s’invectivent sans cesse et sans avoir conscience de la portée de leurs paroles. Nous les pions, nous les reprenons. Mais ces insultes entre élèves sont tellement fréquentes dans certains collèges, qu’elles ne sont pas sanctionnées par la direction. Ce qui amplifie encore le phénomène. Il y a aussi les violences et le harcèlement que subissent certaines élèves, comme

  Source: parti-de-la-france.fr  

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