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Lorsque la politique se dissout dans la communication, on aboutit au discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès : un exercice de style, parfait dans la forme, ce dont le narcissique président se réjouissait manifestement, et en même temps un sermon au long cours qui n’a touché la terre de la réalité qu’à de rares moments. L’ennui visible de certains auditeurs, la lutte contre le sommeil de quelques autres n’ont été interrompus qu’à deux reprises par des applaudissements. Les premiers ont salué bizarrement une citation de Georges Bataille, un auteur sulfureux dont la présence était d’autant plus surprenante dans un discours présidentiel que l’emploi du concept de « part maudite », l’excédent qu’on gaspille de manière ostentatoire, la dépense somptuaire, ne correspondait guère à la résorption de la misère qu’évoquait le Chef de l’Etat, à moins de considérer les exclus comme l’objet de ce gaspillage orgiaque. Cette citation avait l’apparence d’une décoration brillante et littéraire plus que d’une idée parfaitement maîtrisée, d’un signe de distinction culturelle plus que d’un cap politique. Il y avait donc, à l’écoute de ce discours, cette curieuse impression que c’était beau mais que ce n’était pas ce qui convenait.
Par rapport à son prédécesseur dont la rhétorique était pauvre et la voix mal assurée, Macron semble pécher à l’inverse. A force de vouloir prendre de la hauteur, le voilà qu’il se situe au-delà des nuées dans une pensée stratosphérique qui risque aussi par sa longueur inutile d’être soporifique. Certes, il ne fallait pas qu’il marche sur les brisées du Premier Ministre en énonçant les détails de la mise en oeuvre du programme, mais pour autant il n’aurait pas dû se complaire à jongler avec les concepts non sans un évident plaisir égotique. Sa dissertation soignée jalonnée d’oppositions et de synthèses est demeurée abstraite. Les commentaires de la presse écrite ont souvent exprimé cette déception : « flou », « vague », « lénifiant », « surjoué », « banalités », « platitudes » sont des mots qui ont sanctionné ce jugement globalement négatif, compensé par les flagorneries habituelles de quelques-uns,

  Source: lagauchematuer.fr  

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