La question se pose au terme d’une quinzaine où nous avons vu le président de la République revenir sur l’ensemble du programme budgétaire et fiscal annoncé par le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale devant le Parlement, puis exécuter publiquement le chef d’état-major des Armées. Celui-ci n’avait pourtant accompli que son devoir en s’opposant aux coupes claires réalisées par le responsable de l’exécutif dans le budget de la défense et en réclamant, en vrai chef, les moyens nécessaires à ses soldats pour exécuter leur mission.
Il faut reconnaître à Emmanuel Macron une vraie capacité à revenir sur ses erreurs. Après cinq jours d’atermoiement et avoir entendu l’écho, très défavorable dans l’opinion, des mesures fiscales annoncées par Edouard Philippe le 4 juillet devant l’Assemblée nationale, le président a procédé à un changement de pied complet et décidé de revenir sur l’ensemble du programme budgétaire présenté par le Premier ministre au Parlement. Il faut dire qu’Emmanuel Macron avait été aux premières loges, quand il conseillait le président Hollande, pour constater les méfaits d’un choc fiscal. S’il faut saluer le revirement, il interroge néanmoins d’un triple point de vue.
Sur le plan institutionnel d’abord : en déclarant caduc l’essentiel des mesures qui fondait la déclaration de politique générale sur laquelle le Premier ministre a obtenu le vote de confiance du Parlement, le président de la République a également frappé celui-ci de caducité. Pour les mêmes faits, François Hollande aurait été taxé d’amateurisme et Nicolas Sarkozy de despotisme. Mais, sauf considérer qu’une déclaration de politique générale est un exercice purement académique dont le contenu n’a aucune importance, la logique de la Vème République serait que le chef du gouvernement revienne maintenant devant les députés et les sénateurs pour obtenir un nouveau vote de confiance sur le nouveau programme budgétaire arrêté par le président. Il en va du respect du Parlement, ainsi que du fonctionnement régulier des institutions.
Sur le plan budgétaire ensuite : Edouard Philippe avait justifié le report dans le temps des promesses électorales du candidat Macron par la nécessité de rétablir les finances publiques et de respecter nos engagements européens. En décidant

  Source: la-france-en-marche.fr  

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