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Malgré quelques références à ses prédécesseurs, il est évident que le Souverain Pontife accorde à cette question une importance beaucoup plus grande qu’ils ne le faisaient, et surtout qu’il abandonne la position équilibrée du Saint-Siège pour développer une conception très favorable à l’immigration. Le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise n’évoquait les immigrés qu’à six reprises en 330 pages et ne consacrait en fait que deux courts paragraphes au problème, essentiellement sous l’angle du travail. « L’émigration peut être une ressource, plutôt qu’un obstacle » résume la pensée. L’idée que l’immigration était une nécessité pour les régions les moins favorisées et qu’elle répondait à une offre de travail non satisfaite conduisait à la considérer comme un phénomène bénéfique, mais qu’il s’agissait de réglementer dans un souci d’équilibre et d’équité, excluant l’exploitation des travailleurs, respectant les liens familiaux, mais encourageant le maintien dans les zones d’origine, grâce à l’aide au développement. Même si l’on pouvait formuler des critiques techniques sur l’offre de travail non satisfaite ou sur le regroupement familial, l’inspiration morale du texte était clairement évangélique, et par ailleurs prudente. On retrouve ce même souci d’équilibre dans les déclarations de Benoît XVI qui, dans son encyclique « Caritas in Veritate », met en regard « la sauvegarde des droits et des exigences des personnes et des familles émigrées » et « ceux des sociétés où arrivent les immigrés ».  En 2006, le Saint-Père, lors d’une Journée mondiale des migrants et réfugiés, demanda « aux réfugiés de cultiver une attitude ouverte et positive à l’égard de la société qui les accueille. » Benoît XVI est européen. Il est informé d’un certain nombre de comportements et des réactions qu’ils entraînent chez les chrétiens.
Le Pape François a abandonné cette prudence et cet équilibre. Il a multiplié les gestes symboliques depuis son premier voyage pontifical le 8/7/2013 à Lampedusa. Depuis quelques mois, les déclarations se succèdent. Le jour de l’Assomption, il signe un texte destiné à la 104e Journée mondiale des migrants et réfugiés et formule 21 propositions. Celles-ci sont, sans retenue, un appel en faveur d’une politique d’ouverture à l’immigration. Les visas doivent être facilités.

  Source: lagauchematuer.fr  

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