Le pouvoir a annoncé ce matin les orientations de la réforme de l’audiovisuel public. Une fois encore, comme pour la réforme de la SNCF ou celle des ordonnances Travail, le gouvernement a fait le choix des annonces en tranche, sans donner de vision claire des changements qu’il entend effectuer.
L’utilisation par la ministre de la Culture de toutes les expressions à la mode, de digital natives à task force, et le recours à des adjectifs ou termes volontaristes, qu’il s’agisse d’ambition, d’audace, de reconquête ou de comité stratégique ne peuvent cacher la misère de la réforme annoncée à ce stade : quelques économies pour financer des investissements supplémentaires dans le numérique et une rénovation des contenus pour retrouver l’audience des jeunes et celle des territoires.
Avant de moderniser les contenus, encore faudrait-il revenir aux fondements et redéfinir la vocation de l’audiovisuel public en 2018 et pour les décennies à venir. Les nouveaux contenus risquent sinon d’être périmés avant même d’avoir été mis en ligne.
À quoi doit servir un secteur audiovisuel au XXIème siècle et comment l’organiser à cette fin ? Là sont les vraies questions.
À l’heure de la perte d’audience des média traditionnels, de la domination des GAFAM et autres acteurs chinois du digital et du développement  des « fake news », la première mission de l’audiovisuel public est de garantir une information libre, souveraine, gratuite et non partisane à tous les Français.
La seconde est d’assurer la production et la diffusion de contenus que les acteurs privés sont incapables de développer parce qu’ils sont trop novateurs, parce qu’ils privilégient la qualité sur l’audience, parce qu’ils servent une mission d’éducation ou parce que leur indépendance peut s’opposer à l’intérêt des annonceurs.
La troisième priorité est de servir le rayonnement de la France, de sa culture et de sa langue partout dans le monde.
Ces trois priorités sont parfaitement compatibles avec des objectifs de rajeunissement et de régionalisation des audiences. Mais c’est d’elles que tout doit partir, non l’inverse.
Il faut enfin traiter la question de la gouvernance de l’audiovisuel public, puisque les modes de nomination actuels n’ont permis d’assurer ni compétence, ni indépendance politique des dirigeants. Contrairement

  Source: la-france-en-marche.fr  

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